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jeudi 25 janvier 2007, 20h37
BEYROUTH (Reuters) - Quatre personnes ont été tuées à Beyrouth au cours d'affrontements entre partisans et adversaires du gouvernement qui ont relégué au second plan les 7,6 milliards de dollars obtenus pour le Liban lors d'une conférence de donateurs à Paris. Deux étudiants d'opposition et deux autres personnes ont été abattus et une centaine d'autres personnes blessées, souvent par balles, à l'Université arabe de Beyrouth, selon des sources proches des services de sécurité. L'armée libanaise a décrété un couvre-feu nocturne à Beyrouth après ces accrochages et les dirigeants des deux parties ont lancé des appels au calme. L'offensive lancée par le Hezbollah et ses alliés chiites et chrétiens contre le gouvernement a ravivé les tensions entre sunnites et chiites au Liban. Les combats ont opposé des étudiants armés de pierres et de bâtons sur le campus universitaire avant de s'étendre aux rues avoisinantes. Ils ont bientôt dégénéré en fusillades dans lesquelles étaient impliqués des étudiants et des habitants des deux bords armés de fusils d'assaut et de pistolets. On ignore qui a ouvert le feu en premier, mais la chaîne de télévision NBN, dirigée par l'opposition, et Al Manar, télévision du Hezbollah, ont imputé les tirs à des activistes affiliés au dirigeant sunnite Saad al Hariri. Des émeutiers armés de matraques ont mis le feu à des voitures et à des pneus et une épaisse fumée s'élevait du secteur. Les deux camps se sont mutuellement accusés, par chaînes de télévision interposées, d'être à l'origine de cette flambée de violence qui intervient sur fond de grève générale. Des soldats libanais ont tiré en l'air pour essayer de disperser la foule et se sont ensuite déployés en grand nombre pour contenir les violences. Les militaires ont évacué par camions des dizaines de civils bloqués dans les rues par des tirs croisés. Les chaînes de télévision rivales ont rejeté la responsabilité des combats sur le camp adverse. Des témoins ont signalé des coups de feu tirés sur des étudiants à partir des toits dans les secteurs à majorité sunnite, ainsi que l'attaque par des chiites d'une école sunnite dans une autre partie de la capitale. POUDRIERE Des partisans du gouvernement ont lancé des cocktails Molotov sur les locaux d'un parti pro-syrien dans un quartier sunnite, ce qui a mis le feu au bâtiment, ont dit des témoins. Le chef du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, a lancé une fatwa (décret religieux) exhortant ses partisans à évacuer les rues et à rester calmes. Hariri a demandé aux siens de faire preuve de modération. "Tout le monde doit maintenant mettre fin aux querelles (...) Nous devons tous nous unir sous peine de rechercher notre pays au cimetière de l'Histoire", a déclaré le dirigeant d'opposition chiite Nabih Berri, président du Parlement, par téléphone à des chaînes locales. A Paris, où se tenait une conférence internationale sur l'aide au Pays du Cèdre, le Premier ministre Fouad Siniora a déclaré: "J'en appelle à votre sagesse et à la raison et je suis sûr que les Libanais sauront comprendre et sauront tous où se situe l'intérêt du Liban." Les affrontements se sont peu à peu arrêtés après les appels au calme, mais la tension restait palpable dans plusieurs quartiers de Beyrouth après la tombée de la nuit. "C'est une poudrière", a déclaré à Reuters l'analyste Oussama Safa. "Cela ne semble pas résulter d'une volonté politique de laisser faire, ce sont des violences de rue spontanées." L'opposition a lancé mardi une grève générale qui a paralysé une bonne part du Liban et dégénéré en violences qui ont fait trois morts et 176 blessés. Conduite par les mouvements chiites Hezbollah et Amal et des chrétiens regroupés autour du général Michel Aoun, l'opposition veut siéger au gouvernement et y disposer d'une minorité de blocage. Siniora et Hariri, chef de la majorité au parlement, ont refusé de céder à ces exigences. A la conférence de Paris, qui s'est tenue en présence d'une quarantaine de représentants de pays et d'institutions, plus de 7,6 milliards de dollars ont été promis. L'Arabie saoudite s'est engagée à hauteur de 1,1 milliard de dollars. La France, les Etats-Unis, la Banque européenne d'investissement, la Banque mondiale et le Fonds monétaire arabe figurent au nombre des principaux donateurs.
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